L'Art de la Parole : Aux origines du Plaidoyer et du Chauvinisme
Dans le monde du droit et des idées, les mots sont des armes. Mais saviez-vous que derrière les termes que nous utilisons quotidiennement se cachent des héros légendaires et des siècles d'évolution linguistique ?
Aujourd'hui, plongeons dans les racines de deux mots qui ont marqué l'histoire de la justice et de l'identité française.
1. Le Plaidoyer : Quand la parole devient justice
Si vous entrez dans un tribunal, vous entendrez une plaidoirie. Si vous lisez un essai engagé, vous lirez un plaidoyer. Mais d'où vient cette distinction ?
Tout commence avec le latin placitum. À l'origine, ce mot désignait simplement « ce qui plaît » ou une « opinion ». Avec le temps, il a évolué pour désigner une assemblée de justice (le « plaid »).
Le mot plaidoyer est en réalité un ancien verbe transformé en nom. Au Moyen Âge, « plaidoier » signifiait argumenter devant un juge. Ce qui est fascinant, c’est que le mot a conservé sa force : il ne s'agit pas seulement de parler, mais de convaincre pour défendre une cause, qu'elle soit juridique ou humaine.
Le saviez-vous ? La nuance est subtile : la plaidoirie est l'acte technique de l'avocat, tandis que le plaidoyer est la défense passionnée d'une idée.
2. Le Chauvinisme : Un soldat entre légende et caricature
Si Jeanne Chauvin a marqué le droit par son talent, son nom de famille partage une résonance particulière avec un terme bien connu : le chauvinisme. Mais attention, aucun lien de parenté ici !
Le chauvinisme tire son nom de Nicolas Chauvin, un soldat de Napoléon probablement légendaire. On racontait qu'il avait été blessé 17 fois pour l'Empereur et qu'il lui vouait une loyauté aveugle.
De l'héroïsme au ridicule : Après la chute de l'Empire, le personnage de Chauvin est devenu une figure de théâtre. On se moquait de ce patriotisme excessif et un peu niais.
La naissance du terme : Vers 1830, le mot "chauvinisme" apparaît pour désigner une admiration exclusive et agressive pour son propre pays, souvent au mépris des autres.
3. Jeanne Chauvin : La force du plaidoyer contre le chauvinisme des lois
C’est ici que les deux concepts se rejoignent de façon ironique. Jeanne Chauvin, cette pionnière du barreau, a dû affronter un véritable « chauvinisme masculin » de la part de l'institution judiciaire.
En 1897, lorsqu'on lui refuse le droit de prêter serment parce qu'être avocat serait un « office viril », elle ne se contente pas de protester. Elle utilise l'arme du plaidoyer :
Elle mobilise l'opinion publique.
Elle convainc les législateurs.
Elle obtient une loi en 1900 qui change la face de la justice.
Elle a prouvé que la force de l'argumentation (le plaidoyer) pouvait briser les préjugés les plus ancrés (le chauvinisme de l'époque). (lire l'article que je lui consacre)
En résumé
Les mots ont un pouvoir. Le plaidoyer nous rappelle que la parole peut libérer, tandis que le chauvinisme nous met en garde contre l'aveuglement. Jeanne Chauvin, par son combat, a su transformer son nom en un symbole de courage, bien loin de la caricature du vieux soldat de l'Empire.
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